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Faut-il réellement traverser l’Atlantique pour comprendre les évolutions majeures de la logistique urbaine ?

L’analyse de Jérôme Libeskind (Logicités) et de Karine Weber 🌱🌍 ( Feuille de route Conseils )

Cette semaine, le CES de Las Vegas ouvre ses portes. Des kilomètres de stands. Des annonces spectaculaires. Des promesses d’innovations à tous les étages.

Le CES, c’est 140 000 visiteurs attendus et 4 500 entreprises exposantes dont 150 entreprises françaises. Mais pour y aller, c’est aussi 3,4t de CO² !

Alors notre choix, c’est de sourcer les innovations sans y aller !

Le CES présente des innovations dans plusieurs secteurs comme les mobilités, la E-santé, la robotique, la technologie spatiale… et une chose est certaine, l’IA est partout ! Et au milieu de tout ça, un sujet clé (encore trop peu visible) : la mobilité des marchandises et le dernier kilomètre.

  • 🤖 Robots de livraison capables d’entrer dans les immeubles.
  • 🚚 Véhicules autonomes pensés pour le last 100 mètres.
  • 🧠 IA qui optimise les tournées, anticipe la demande, réduit les kilomètres inutiles.
  • 📦 Micro-hubs, logistique ultra-locale, systèmes hybrides mêlant tech et sobriété.

Voici quelques tendances et innovations du CES décryptées pour vous, à distance, sans brûler notre budget carbone :

Logicités et Feuille de route Conseils accompagnent les entreprises dans une identification des dernières innovations en logistique urbaine et dernier kilomètre et dans la validation opérationnelle de ces solutions. Notre expérience en retail, immobilier logistique, livraison du dernier kilomètre et logistique e-commerce nous permet d’apporter une pertinence sur nos analyses.

  • Les véhicules autonomes : gadget ou réalité ?

Faire le tri entre les centaines de gadgets et les modèles qui semblent pertinents nous a pris des heures… Voici le résultat :

·        Le fabricant allemand de vélos électriques et vélocargos Luxmea a signé un accord avec le géant chinois Neolix pour la construction et le déploiement de véhicules autonomes de livraison en Europe, en Allemagne, puis dans d’autres pays. Neolix, avec 15 000 véhicules autonomes en circulation, est un acteur de référence. 3 cibles de marché en Europe : les acteurs postaux, les livraisons d’achats alimentaires, les besoins des industriels. Avec des modèles Robovan jusqu’à 12 m3, Neolix utilise des algorithmes alimentés par IA !

· Arrive AI, startup cotée au Nasdaq, est pour la première fois présente au CES. Avec son expérience dans les véhicules autonomes dans le secteur de la santé (intralogistique hospitalière), Arrive AI cible le secteur de la consommation et de l’industrie.

· Hyundai présente sur le CES MobED, une plateforme robot mobile autonome pilotée par IA conçue pour plusieurs modules (livraison, pick & place, mobilité urbaine). Des modules spécifiques, comme MobED Delivery, sont optimisés pour transporter des colis en environnements mixtes (intérieur/extérieur) avec évitement d’obstacles. MobED est une plateforme de mobilité compacte dotée d’un système de propulsion innovant. Le modèle, développé depuis 4 ans, est commercialisé et adapté à divers environnements professionnels et quotidiens.

·        Un des problèmes des véhicules autonomes de livraison, c’est qu’ils s’arrêtent dans la rue. Le destinataire doit alors descendre chercher sa commande. C’est une dégradation du service par rapport aux livraisons traditionnelles. La startup coréenne Gole Robotics présente sur le CES le robot AA2, qui, intégré avec une interface d’ascenseur, peut livrer plusieurs clients simultanément. Le robot est adapté à des résidences qui sont équipées d’un local pour les colis. Il récupère ces colis et les livre dans les étages.

·        Le constructeur de stations électriques et de batteries Jackery présente sur le CES 2026 un petit robot solaire, avec des panneaux qui se déploient afin d’alimenter de façon autonome de véhicule. Une innovation utile pour des livraisons autonomes dans les espaces ruraux ou isolés.

  • L’intelligence artificielle : concept marketing ou utilité pour la planète ?

En lisant les programmes de conférences, on a le sentiment que sans IA dans le titre, on passe à côté de quelque chose… Pourtant, il apparaît de vraies innovations :

· Oshkosh présente une solution de détection de la contamination pour la collecte des déchets. A l’intérieur des bennes de collecte, une caméra alimentée par l’intelligence artificielle est à l’œuvre. Elle scanne les matériaux collectés et le modèle d’IA détecte en temps réel les contaminants, tels que les sacs en plastique, les textiles ou autres articles non recyclables. Le système cartographie la contamination jusqu’au lieu de collecte, fournissant des informations exploitables aux municipalités, aux transporteurs et, aux citoyens. Ces informations peuvent être utilisées pour sensibiliser les consommateurs et encourager des changements de comportement.

·        La société américaine Seyond propose sur le CES des technologies de LIDAR particulièrement innovantes, basées sur l’IA et apportant une grande fiabilité et sécurité.

·        Pour améliorer les informations sur la circulation et mieux planifier les livraisons, la société INRIX présente sur le CES ses solutions les plus innovantes, basées sur l’IA.

  • La livraison en drone devient une réalité

·        Le constructeur de drones Wing et Walmart ont annoncé le déploiement d’un service de livraison en drone au départ de 6 magasins à Atlanta. Fin 2026, ce seront 100 magasins Walmart d’Atlanta qui proposeront ce service. La livraison s’effectue à près de 100 km/h et à une hauteur de 50 mètres. Walmart offre un service en seulement 30 minutes comprenant la préparation de commandes et la livraison, qui ne dure que 5 minutes ! Donc la vitesse est assurée, sans le stress des livreurs qui caractérisait le quick commerce.

  • Et le clou de cet article c’est …

·        La société chinoise Yarbo qui propose un robot « tout en un ». La plateforme sert de tondeuse, de déneigeuse, mais aussi de robot de port de charge interne dans son jardin. En sorte, le jardinage pour les paresseux…

Chez Feuille de route Conseils et Logicités, nous sommes spécialisés dans :

  • ✔️ la veille stratégique,
  • ✔️ les benchmarks internationaux,
  • ✔️ l’analyse critique des innovations en logistique urbaine et dernier kilomètre.

Notre rôle : transformer les innovations technologiques en stratégies opérationnelles, sobres et adaptées aux territoires.

La logistique urbaine de demain se pense aussi… à distance pour respecter la planète

Karine Weber et Jérôme Libeskind

Le 14 octobre avait lieu à ESCP Europe une table-ronde sur le thème « Comment les business models responsables réinventent-ils la mode ? ». Valérie Moatti, co-directrice scientifique de la Chaire « mode et technologie » animait le débat qui regroupait plusieurs panélistes, notamment Damien Pellé, Directeur Développement Durable des Galeries Lafayette, Philippe Ribera, du groupe Lectra et Géraldine Vallejo, de Kering.

Logicités était présent à cet événement !

Tout d’abord, nous apprenons que le transport ne représente que 5% de l’impact environnemental du secteur de l’habillement. C’est le premier sujet d’étonnement alors que les tissus traversent la planète, comme les vêtements fabriqués. Kering a toutefois mentionné réduire l’utilisation du transport aérien.

Le plus surprenant dans ce secteur est l’hyperconsommation. Nous consommons 2 fois plus de vêtements qu’il y a 15 ans, souvent des vêtements très bon marché.  Mais de nouvelles tendances apparaissent. C’est par exemple le cas de l’achat de vêtements de seconde main. 45% des consommateurs qui achètent des vêtements de seconde main le font pour des motivations écologiques et 75% pour des raisons financières. C’est aussi le cas, dans une moindre mesure, de la location de vêtements, assez populaire aux Etats-Unis.

Un des principaux problèmes soulevés est l’absence de transparence du secteur. Les informations sur les produits, sur les origines sont souvent inexistantes ou partielles.

Ce secteur est un des plus mauvais élèves dans la chaîne de l’économie circulaire. Les vêtements sont en effet très mal recyclés.

60% du vêtement est fabriqué en polyester qui est une fibre qui se disloque lorsque qu’on la passe à la machine. Cela fini dans les eaux usées puis les océans. Cela se traduit également par un manque de recyclage des textiles; moins de 1% des textiles fabriqués finissent dans l’économie circulaire pour être recyclés.

Au travers de ces tendances, nous voyons les efforts considérables à réaliser, par les enseignes, les distributeurs,  mais aussi par les consommateurs.

Une des initiatives vertueuses est celle des Galeries Lafayette, avec le label GoForGood d’écoresponsabilité délivré par l’enseigne aux marques qui respectent un cahier des charges. Ce sont déjà 8% des produits des Galeries Lafayette qui respectent ce cahier des charges.

Cette initiative, encore isolée, montre la prise de conscience de certains acteurs. Le Fashion Pact, signé par 32 entreprises de la mode et du textile, lors du G7 de Biarritz  le 26 août dernier, témoigne de cette volonté de certains grands acteurs d’inverser cette tendance.  Le chemin reste long notamment lorsque nous voyons que, parmi les signataires, apparaissent des groupes comme Adidas ou Nike, qui ne véhiculent pas encore une image très environnementale de leurs productions.

Mais ce sera probablement la responsabilisation du consommateur qui incitera ces grands acteurs à faire plus et mieux pour faire de ce secteur un secteur respectant les règles environnementales de base.

L’origine des produits, encore trop lointaine, pourra peut-être évoluer. Ce blog s’est déjà fait l’écho d’initiatives vertueuses comme celle de Labonal, société fabricant des chaussettes en France depuis … 1924. Malgré les difficultés qu’a connu cette société, il reste possible de fabriquer des vêtements en Europe. Cela tient d’abord d’une responsabilisation du consommateur.

La supply chain peut aussi être plus verte, en travaillant sur la consolidation des flux, le rapprochement des fournisseurs. La mesure de l’impacxt environnemental de la Supply Chain, comme le propose TK Blue Agency, devient alors une nécessité pour mettre en évidence ces efforts.

 

Le salon Paris Retail Week, qui a lieu Porte de Versailles, est le rendez-vous incontournable de toutes les innovations autour de l’e-commerce et du cross-canal.

La logistique est devenue un axe central du salon. Pour confirmer ce positionnement, l’organisateur a placé les prestataires de transport et de logistique à l’entrée. Impossible de manquer cet espace qui regroupe les prestataires de transport du dernier kilomètre, de logistique, les fournisseurs de consignes de retrait de colis ou de points relais.

Une nouveauté de taille, des interviews à destination des exposants sont organisés par le cabinet de conseil Neo 26, fondé par Franck Journo. Le ring de boxe est là pour mettre en situation ce combat virtuel autour des innovations et tendances profondes du salon. Thomas Garnesson, managing director de Sevensenders France, plateforme export de colis au départ de la France, affûte ses armes…

Mais la logistique est présente partout sur le salon : sur l’espace start-ups, sur les stands de la Chine ou d’Amazon.

Amazon met en avant sa marketplace Amazon business, à destination des professionnels : outillage, informatique, fournitures de bureau ou matériel médical. Cette plateforme a pour vocation de transformer le marché du B to B.

Autre innovation internationale de taille. Pour la première fois, les routes de la soie sont présentes. Le prestataire ferroviaire propose un service régulier par voie ferrée, entre la Chine et Duisburg, en seulement 2 semaines. La cible est directement l’importation de produits via les grandes plateformes e-commerce chinoises. Mais c’est aussi peut-être une opportunité pour rééquilibrer les échanges et faciliter l’exportation vers la Chine. Le transport par train, qui se présente comme un intermédiaire entre l’avion et le transport maritime, apporte une pertinence environnementale et constitue une innovation majeure.

La livraison collaborative est particulièrement présente, avec les start-ups Yper, Shopopop et Courseur, qui proposent des livraisons au départ des surfaces commerciales ou des drives effectuées … par des particuliers. Les discussions avec ces sociétés font état d’un marché en très fort développement. Les acteurs de la distribution, qui étaient très prudents jusqu’à peu sur ces formes de livraison, les considèrent maintenant comme des solutions pérennes et conformes à la réglementation.

Les livraisons décartonnées sont aussi très présentes sur le salon. La société Vert Chez Vous (groupe Labatut) annonce l’ouverture de son espace logistique urbaine de Lyon centre. Cet espace permettra la livraison de colis B to B et de palettes en moyens décarbonés.

Parmi les start-ups, nous avons relevé l’innovation présentée par la société Galam Robotics. Il s’agit d’un robot de stockage adapté aux petits espaces logistiques urbains ou aux réserves des magasins.  Cet automate de stockage particulièrement innovant permet de gagner des m² rares et d’optimiser le rangement des colis dans les réserves.

Un des événements du salon, c’est la table-ronde du 26 septembre à 10h30 sur la thématique « La logistique urbaine : enjeu serviciel et sociétal ». Jérôme Libeskind, expert en logistique urbaine et fondateur du bureau d’études Logicités, participera à cette table-ronde, en compagnie d’Alexandre Berger (La Poste), Antony Deniau (Franprix) et Pierre Beharelle (Norauto). Ne manquez pas ce débat qui promet d’être passionnant !

Bon Paris Retail Week 2019 !