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Jules VerneEn cette période de vœux et d’approche des élections municipales, la logistique urbaine n’est pas de reste.

Notre Panthéon de la logistique urbaine, qui a récemment accueilli l’extraordinaire architecte Herctor Horeau et le bon roi Louis le Gros, mérite, en ce début d’année, d’être enrichi d’une nouvelle figure. Pour commencer l’année de façon grandiose, j’ai choisi Jules Verne.

Notre infatigable voyageur, sous les mers, dans les airs et sous terre, s’est-il tant que cela intéressé à la ville ? La logistique urbaine est-elle un voyage extraordinaire ? Après les drones d’Amazon, allons-nous effectuer les livraisons en ballon ?

Pas tout à fait, mais presque….

En 1863, Jules Verne a imaginé, dans son livre « Paris au XX ème siècle », ce qu’aurait pu être notre capitale 100 ans plus tard, donc en 1960. Ironie de l’histoire (de la logistique urbaine…), l’éditeur de Jules Verne a refusé le livre, trop décalé et par manque d’intérêt…

54 ans après la date projetée de 1960, comment pouvons-nous interpréter l’imaginaire savoureux de Jules Verne ?

Dans ce livre, nous découvrons, qu’en 1960, Un grand canal de 140 km, reliant Rouen à Paris, permettra de transformer Paris en port maritime autour d’une gigantesque infrastructure, le Port de Grenelle ! Nous découvrons que ce canal sera doublé d’une voie ferrée (nous nous situons évidemment à la grande époque des chemins de fer…).  Même si Paris n’est pas un port maritime, nous constatons aujourd’hui que les initiatives vertueuses d’utilisation de la Seine pour la distribution du centre de Paris se multiplient.

Jules Verne a imaginé 4 cercles ferroviaires concentriques autour de Paris. 150 ans après, ces quatre cercles ont bien été réalisés, mais sont routiers ou autoroutiers.

Mais Jules Verne s’intéresse également à la réglementation. Il imagine qu’en 1960 : « Les moyens de transport étaient dans les rues moins encombrées qu’autrefois, car une ordonnance du ministère de la Police interdisait à toute charrette, fardier ou camion de circuler après 10 heures du matin, si ce n’est sur certaines voies réservées ». Donc Jules Verne imaginait les livraisons de nuit, sujet qui fait actuellement débat.

Il n’est pas allé jusqu’à imaginer un péage urbain …

Bien sûr, ce petit ouvrage plein d’anecdotes improbables et imaginaires cache pourtant des problématiques réelles et des solutions qui auraient pu, au moins partiellement, se réaliser ! Jules Verne savait au moins qu’une métropole, même transformée de façon imaginaire, nécessite une organisation logistique  performante,  en l’occurrence multimodale, en utilisant le fleuve et le fer.

Alors lisons et relisons Jules Verne! Nous y trouverons peut-être une inspiration pour les organisations logistiques de demain…

Les grands magasins du Louvre

Les grands magasins du Louvre

Les retours sont une des caractéristique de l’e-commerce notamment dans les secteurs de l’habillement et de la chaussure. Chaque e-marchand tient à conserver de la façon la plus secrète possible son véritable taux, qui correspond souvent au résultat d’une politique commerciale et parfois à un taux de non-qualité.

Nous savons que le taux est en croissance, du fait de la concurrence et de l’agressivité commerciale souvent basée sur le “retour gratuit”.

Mais est-ce un phénomène nouveau, qui est apparu avec internet, ou le principe du retour gratuit était déjà bien établi auparavant ?

Contrairement à ce que beaucoup pensent, internet n’a pas inventé le retour. C’est le commerce qui l’a créé et pas le mode de vente qu’est internet.

Un retour à l’histoire de Paris permet de mieux comprendre cela. Les “Grands Bazars” créés au 19ème siècle ont au moins inventé autant qu’internet : le choix, le service, l’assortiment, la disponibilité, la livraison et les retours. Tous les grands magasins (ils étaient une vingtaine à l’époque à Paris) avaient mis en place une service des rendus“. C’était par exemple le cas des magasins du Louvre ou du Bon-Marché. Les objets refusés par les clients et destinés à regagner leur ancienne place “au grand jour” faisaient l’objet d’un travail de vérification, de contrôle et de remise en stock.  Les clients pouvaient retourner les objets qui avaient cessé de plaire“, sans formalité et le client (souvent la cliente) était remboursé immédiatement sans la moindre discussion.

 

Le Bon-Marché

Le Bon-Marché

De nombreuses anecdotes à ce sujet expliquaient que certains clients demandaient à être livrés de deux articles afin d’en retourner un après essai. Les deux articles en question (par exemple des chapeaux) étaient portés une soirée puis retournés gratuitement… Un problème que rencontrent parfois de nos jours les e-marchands.

Balzac disait que :

“Paris est le but de tous. Chacun y accourt, et chacun pour un motif particulier”. C’est aussi peut-être le cas d’internet !

A l’époque des achats de cadeaux de Noël, nous retrouvons tous les ans les habituels embouteillages parisiens aux abords des quartiers commerçants. Comme tous les ans, nous nous faisons la même remarque : c’est de pire en pire !

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Et pourtant…

Faisons sur ce sujet une courte pause historique.

Les embouteillages parisiens ne datent pas d’hier, ni même d’avant-hier. Rappelons-nous Boileau et son poème « Les embarras de Paris ». Nous sommes en 1660 et Paris est déjà connu pour ses embouteillages impressionnants et particulièrement dangereux pour les piétons.

« En quelque endroit que j’aille, il faut fendre la presse
D’un peuple d’importuns qui fourmillent sans cesse »

Ou encore,

« D’un carrosse en tournant il accroche une roue,
Et du choc le renverse en un grand tas de boue :
Quand un autre à l’instant s’efforçant de passer,
Dans le même embarras se vient embarrasser

Vingt carrosses bientôt arrivant à la file
Y sont en moins de rien suivis de plus de mille »

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Paris a de tous temps été connu pour ses embarras, terme utilisé à l’époque pour nommer ce que nous appelons plus communément les embouteillages.

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Photos des années 1970

Mais ce rappel historique ne nous satisfait pas. Comment réduire les nuisances ? Les transports en commun bien sûr. Peut-être le péage urbain, bien que cette solution soit plutôt un report du trafic qu’une réduction. Probablement un bon réseau de parkings modernes et sécurisés aux portes de Paris, comme cela est le cas dans de nombreuses métropoles.

La logistique urbaine, par une meilleure maîtrise des flux de véhicules de livraison dans le cœur des villes, apporte certainement une partie de la solution.

Les véhicules de livraison comptent pour 20% de l’occupation de la voirie. Près de 100 000 véhicules de livraison entrent chaque jour dans Paris et peut-être même un peu plus à cette période de l’année. Les responsables ? Les consommateurs ? Internet, qui est à l’origine d’une croissance de près de 20% du nombre de colis tous les ans ? La réglementation ? L’application de la réglementation ? L’amélioration de cette situation constitue un des enjeux pour les années qui viennent afin, non pas de supprimer les « embarras », mais d’en limiter l’impact et d’améliorer la qualité de vie au cœur des villes.